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dimanche 17 novembre 2013

La trilogie newyorkaise de Paul Auster

J’ai lu quelque part (je ne sais plus où ni quand) que la Trilogie newyorkaise, qui regroupe les trois romans de Paul Auster mettant en scène le « détective » Quinn, portait sur New-York. Elle se passe en effet (pour autant que quelque chose s’y passe) à New-York, mais en fait, mais elle ne parle que de l’écriture sous toutes ses formes (ou déguisements) : collecte de données, inspiration, recherche, révision, hésitation et même blocage, le fameux writer’s block qui se traduit parfois par l’angoisse de la page blanche, et parfois autrement… (Même si le premier roman, City of Glass, parle aussi de New-York – et des États-Unis en général – d’une façon inoubliable – l’image de la Tour de Babel y est portée à un niveau que je ne me souviens pas d’avoir jamais vu/perçu ailleurs. Mais il s’agit encore de langage.) La citation qui suit, extraite de The Locked Room, le meilleur selon moi de ces textes, en parle de façon directe mais elle trace aussi, me semble-t-il, le canevas du projet de la Trilogie.   

Le narrateur (Auster?) est en train de préparer les textes de Fanshawe (ses propres textes?) pour publication…

[With] checks suddenly arriving from one thing or another, all money problems evaporated. Like everything else that seemed to e happening, this was a new experience for me. For the past eight or nine years, my life had been a constant scrambling act, a frantic lunge from one paltry article to the next, and I had considered myself lucky whenever I could see ahead for more than a month or two. Care was embedded inside me; it was part of my blood, my corpuscles, and I hardly knew what it was to breathe without wondering if I could afford to pay the gas bill. Now, for the fist time since I had gone out on my own, I realized that I didn’t have to think about these things anymore. One morning, as I sat at my desk struggling over the final sentence of an article, groping for a phrase that was not there, it gradually dawned on me that I had been given a second chance. I could dive this up and start again. I no longer had to write articles. I could move on to other things, begin to do the work I had always wanted to do. This was my chance to save myself, and I decided that I’d be a fool not to take it.

samedi 16 novembre 2013

Le printemps selon Auster


[…] la neige commence à fondre. Le matin suivant, le soleil brille de tous ses feux, des  , the snow begins to melt. The next morning, the sun is shining brightly, des bandes de moineaux pépient dans les arbres, et Bleu [c’est le nom du personnage] entend avec plaisir l’eau qui dégoutte du toit, des branches, des lampadaires. Tout à coup, le printemps ne semble plus très loin. Encore quelques semaines, se dit-il, et chaque matin sera comme celui-ci.   
– in Ghosts, traduction d’Eulalie

Aujourd’hui, 16 novembre, 21 degrés sur la balcon, Eulalie s’appelle Bleu et sent tout cela comme lui. Le printemps s’en vient, a-t-elle dit au pompiste – et il a ri de bon cœur. Aujourd’hui, 16 novembre… plus que six mois!