lundi 7 avril 2014

Quelques erreurs de traduction...

Eulalie ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ses erreurs de traduction préférées :

o First Aid : Premier SIDA (Attention aux secouristes!)
o Gentle cycle : Aimable bicyclette (Si c'était vrai, on ne dirait plus « Je vais faire le lavage » mais « Je faire une une promenade »... Hélas!)
o Made in Turkey : Fait en Dinde (un classique!)
o Luxury in the Bathroom : Luxure dans la salle de bain (Ouaou!)
o Tighten the nuts : Serrez les noix (T'es pas un peu « noix »?)

Vous en trouverez d'autres en suivant l'hyperlien du titre...
Et merci à l'émission de radio qui m'a conduite à aller voir l'article de M. Foglia qui m'a conduit à aller voir ce site... Eh oui, c'est comme ça que ça marche!

'via Blog this'

mercredi 5 février 2014

▶ Demoiselles de Rochefort: Delphine à Lancien (Chanson) - Vidéo Dailymotion

Je me suis réconciliée avec la plupart des fêtes populaires (même la Fête des mères depuis que mon fils m'offre du whisky -- et du bon!) mais la Saint-Valentin reste pour moi la plus dull, la plus plate, la plus fakée, la plus… Surtout en Amérique du Nord où, en plus d'être un casse-tête sans solution pour la plupart des mecs, elle touche aussi les relations parents-enfants. Je t'aime Maman, papa, les amis de l'école, les professeurs, on s'aime tous... Isn't it?

De toutes les chansons que j’ai entendues sur les ondes en cette veille de Saint-Valentin, en voici tout de même une qui a fait battre mon cœur. Quétaine (ou kitch) c’est vrai, mais assez réaliste à certains égards (décidément, ça devient une manie). La musique acidulée de Michel Legrand est tout simplement sublime et les décors et vêtements ressuscitent mieux pour moi les années 60 que les voitures américaines (quoique…). Comme ces icônes de la modernité nous paraissent délicieusement vieillottes aujourd’hui!

Bref, voici mon cadeau de Saint-Valentin à tous mes amis-lecteurs!

Victor Hugo, Les pauvres gens

En général, j’abhorre les bons sentiments. Et j’ai longtemps cru que c’était chez moi une absence de sentiments, une incapacité à ressentir. Pourtant j’adore les mélodrames, les chansons réalistes (Les roses blanches!) et ce poème de Victor Hugo (que, soit dit en passant, je n’aime pas beaucoup non plus en général). Peut-être est-ce que les bons sentiments manquent généralement de sentiment et que je n’aime d’Hugo que ses poèmes dont la forme fait, comme on dit ici, « sortir le meilleur de lui-même », sa compassion. Dans celui-ci, en tout cas, sa maîtrise est éblouissante. Ce qui m’a frappée d’abord c’est la brièveté de certaines phrases (Il est nuit… C’est la mère… Elle est seule… L’homme est en mer… Dur labeur!) et la simplicité de la plupart des autres, les apposition et répétitions, loin des tours alambiqués qu’Hugo parfois affectionne, la simplicité du ton.

Simplicité « savante » si l’on peut dire car on n’est pas dans le ver libre, il faut respecter la rime – cette rime qui, comme dans la chanson, facilite la mémorisation et la mise en musique tout en tenant à distance le lieu commun. Et donne à la phrase un relief qui n’est pas dans la syntaxe et transperce comme une dissonance : « Une femme immobile et renversée, ayant/Les pieds nus, le regard obscur, l'air effrayant; » ou « Leur haleine est paisible et leur front calme. Il semble/Que rien n'éveillerait ces orphelins dormant », tandis que dans les mots eux-mêmes, Hugo ne craint pas la brutalité : « Son bras livide et froid et sa main déjà verte ».

Mais la construction, surtout, est parfaite :
I – La femme dans la cabane
II – L’homme en mer
III – Misère et peur
IV – Misère et peur, suite : tous pêcheurs
V – Action : Jennie part chercher son mari, le ton change… Les pensées deviennent langage… Mais on est encore dans le mouvement précédent et dans le temps présent, lequel permet d’englober à la fois l’intemporel ou le répétitif des 4 premières sections que l’action ponctuelle de celle-ci
VI – Changement de temps, le mythe ou la complainte cèdent définitivement la place à la narration.
VII – Retour aux réflexions d’ordre général – et au présent, avec cet étonnant dialogue relatif à la morte « Entre la bouche pâle et l'œil triste et hagard :/– Qu'as-tu fait de ton souffle ? – Et toi, de ton regard ? »
(Le passage « ronsardien » qui suit est, à mon avis, le plus mauvais et dessert le propos général en passant de la tragédie de la misère à la tragédie de la vie en général, ce qui n’est pas exactement la même chose. Paradoxalement, toutefois, il allège le texte un instant avec l’évocation de plaisirs qui, pour être passagers, ont bel et bien existé mais dont Hugo ne pouvait certes mettre l’évocation dans la bouche de la mère – qu’elle les ait ou non connus – cf., plus loin, ce vers exemplaire, quand son mari revient : « Elle prit son mari comme on prend un amant ». )
VIII – C’est du Poe! L’intrigue, le suspense, en une seule strophe : la perfection!
IX – De nouveau, retour au plus que parfait (mais les parties dialoguées sont au présent – la pensée est toujours au présent…), l’exaltation – triste ou gaie – retombe : « Qu'est-ce que j'ai fait là ? » Et le retour du pêcheur : « C’est la marine! »
X – C’est du roman. Le dialogue entre l’homme, qui revient de la mer comme on revient de la guerre (je ne suis pas sûre de comprendre ce que signifie « Je suis volé; […]la mer c’est la forêt » –dans la bouche du mari, mais qu’importe…), et la femme, qui a « cousu » en écoutant la mer « comme un tonnerre », est tout simplement sublime de véracité et de perversité naïve, jusqu’au grandiose « À propos, notre voisine est morte » : À propos!
Et le dénouement – sortez les mouchoirs (moi, en tout cas, je renifle!) :

                Femme, va les chercher! […]// – Tiens dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!

(Il y a pas mal de coquilles, mais je n’ai pas trouvé mieux…)

lundi 2 décembre 2013

À propos de Gérard de Nerval...

Apollinaire racontait l'anecdote suivante :

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit :En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas…

dimanche 1 décembre 2013

Besoin de lait?

Dans son dernier livre, La nostalgie heureuse, Amélie Nothomb raconte qu’à la question « Que lisez-vous? », Victor Hugo répondait avec hauteur « Une vache ne boit pas de lait. »
Il se trouve, écrit AN que je ne suis pas Victor Hugo et que j’ai besoin de lait. 
– Moi aussi, dit Eulalie, j’ai besoin de lait, et même plus…